Jugement du 19 Novembre 2009 : paragraphes commentés par Gérard Hecquet

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.- II-2-2-2-2 : le deuxième temps : la piste d'un accident chimique se dessine

 

Consécutivement au dépôt des rapports provisoires des experts judiciaires, et après avoir réuni les parties civiles pour les tenir informées de l'évolution du dossier, réunion au cours de laquelle sera présentée par M. BARAT, expert chimiste, un film censé représenter la détonation obtenue en laboratoire d'échantillons de DCCNA au contact de nitrate prélevé au sol du bâtiment 335, le juge demandait au SRPJ, de procéder à l'interpellation successive d'une vingtaine de personnes responsables de l'usine ou simples salariés de Grande paroisse ou d'entreprises sous-traitantes.

 

Le juge a bien raison d'utiliser l'expression "censé représenter", car l'explosion filmée par Mr Barat fait intervenir de l'Urée et non du NA. Et ce n'est pas parce-que l'on réalise une explosion dans certaines conditions, que ces conditions étaient réunies dans le box: de cela, pas un mot de Mr Barat quand il a fait son essai. La règle des experts: réaliser une explosion et imaginer que les conditions étaient réunies. C'est l'inverse d'une démarche scientifique.

 

II-3-1-3 : le rapport de l'Inspection du Travail :

 

 Lors de cette réunion, M. Barat, qui est sensibilisé aux dangers du chlore depuis qu'il a mené une expertise sur l'explosion survenue dans une piscine municipale de PESSAC, ce qui l'avait amené à étudier précisément ce produit et à établir une note d'information à l'attention du grand public sur les dangers que présentent les dérivés chlorés, va présenter aux inspectrices du travail la réaction chimique que selon lui produit le croisement de ces deux composés : production d'hypochlorite puis de trichlorure d'azote, qu'il qualifie d'explosif primaire ; le lendemain, M. BARAT leur communique l'information selon laquelle il a vu dans le bâtiment 335 le sac de DCCNA, découvert quelques jours plus tôt par M. DOMENECH.

 

A l'époque, Mr Barat était incapable d'écrire les réactions qui pouvaient permettre à un mélange NA/DCCNa/ Eau de produire du NCl3. Dans l'explosion survenue à Pessac, il n'y avait pas de NA; il y avait de l'eau, du DCCNa et de l'hypochlorite de Ca; les réactions mises en jeu pour produire du NCl3 n'ont rien à voir avec l'hypothèse AZF. Mr Barat n'a jamais été capable d'expliquer pourquoi la présence d'hypochlorite de Ca avait permis une explosion, alors que le mélange DCCNa/Eau, seul, ne le permet pas, alors que ce n'est qu'un simple problème de cinétique. Longtemps, Mr Barat a fait une analogie au niveau réactionnel entre les deux affaires. Il ira même jusqu'à écrire que le NA a un rôle de catalyseur, alors qu'il est consommé !! Lors de la confrontation du 23 Janvier 2003, je lui ai fourni des données cinétiques; je ne suis pas sûr qu'il ait compris.

 

II-3-2-3 : l'analyse des constatations opérées par la CEI :

 

- la CEI y relève effectivement l'importance de l'humidité affectant la couche de nitrate au sol du box,

 

??????

 

II-3-2-5 : la contribution de la défense à la manifestation de la vérité :

 

 l'erreur commise par M. BARAT sur l'un de ces essais a été mise en évidence par la défense grâce aux travaux de M. HECQUET, son conseil scientifique de l'époque : à ce stade, il convient de préciser que cette erreur, tout à fait regrettable, n'a pas pour autant d'incidence sur l'ensemble des travaux menés par le collège principal  l'erreur commise par M. BARAT sur l'un de ces essais a été mise en évidence par la défense grâce aux travaux de M. HECQUET, son conseil scientifique de l'époque : à ce stade, il convient de préciser que cette erreur, tout à fait regrettable, n'a pas pour autant d'incidence sur l'ensemble des travaux menés par le collège principal.

 

Cette "erreur" montre, d'une façon claire et sans ambigüité, qu'il est un piètre chimiste. Une telle "erreur" impliquait, immédiatement, sa mise hors course. On ne peut mieux démontrer son incapacité à traiter un problème de cinétique chimique. Le plus grave, c'est que le problème de la présence de NA dans l'essai a été évoqué dans mon rapport d'Octobre 2002 et dans la confrontation du 23 Janvier 2003. Quelques jours après, Mr Van Schendel confirmera, par écrit, le bien-fondé de l'expérience et la présence de NA (teneur de 74%). Mr Barat a été incapable de se remettre en cause, même quand on lui présente des informations qui vont à l'encontre de ce qu'il affirme, informations qui, de plus, proviennent de ses propres analyses et mesures ! C'est vraiment un chimiste hors du commun.

 

- II-3-3-1-3 : La prétendue orientation exclusive de l'enquête :

 

Si on peut regretter que Messieurs Van SCHENDEL et DEHARO aient accepté de donner un premier avis au bout d'une semaine, en réponse aux sollicitations du procureur de la République qui souhaitait pouvoir fonder l'ouverture de son information sur un document écrit, on doit souligner le souci de cohérence qui a animé les membres du collège principal lors de la rédaction de leur rapport final ce qui les a conduit à retarder son dépôt afin de tenir compte de l'ensemble des contributions techniques sollicitées par les magistrats instructeurs.

 

L'analyse attentive des premières semaines d'investigations des différentes enquêtes menées invalide catégoriquement la présentation fallacieuse de l'orientation prise par l'enquête judiciaire lors de la phase n°2 : en aucun cas ce n'est la détermination a priori d'un "scénario" qui a guidé les experts judiciaires dans la poursuite de leurs travaux, mais une analyse semblable à celle menée par les membres de la CEI tendant à s'interroger sur le point de savoir s'il existait,

sur le site, des produits susceptibles de participer à une réaction chimique ;

 

Est-il nécessaire de rappeler le travail considérable accompli par les enquêteurs dans l'établissement d'un état des lieux mais également le recueil du maximum d'informations auprès de nombreux salariés travaillant non pas simplement comme le prétend la défense sur le site AZF mais également sur les sites voisins y compris celui de la SNPE qui n'a nullement fait l'objet d'une prévention particulière (à partir du 2 octobre 2001 débute une série d'auditions d'une cinquantaine de salariés de la SNPE ou d'entreprises extérieures travaillant sur ce site) ?

Convient-il de souligner qu'ainsi que la liste des expertises judiciaires présentées ci-dessus le démontre, des expertises seront ordonnées dès le 12 octobre 2001 sur de multiples pistes ou éléments à vérifier (l'accident industriel, l'électricité, la géologie... etc) ?

 

Le choix opéré par le juge d'instruction de désigner comme expert M. BARAT, un scientifique ayant travaillé sur l'interaction du DCCNA et de l'humidité, ne saurait pour autant signifier que le 12 octobre 2001 la justice avait arrêté une orientation, sur laquelle on se serait ensuite arc-bouté à tout prix : cela serait omettre qu'à cette même date d'autres experts et notamment M. MARTIN étaient désignés pour travailler également sur cette piste chimique au "sens large".

On ne peut pas suivre la défense sur sa présentation caricaturale d'une information judiciaire exclusivement orientée sur la piste chimique du DCCNA. Il faut rétablir la réalité de la chronologie :

 

Très tôt, des scientifiques, qu'ils soient proches de la défense, tel M. DOMENECH qui au cours de sa carrière professionnelle avait eu à connaître des dangers du chlore (incendie dans une usine du groupe), que M. BARAT qui sera désigné comme expert, vont, sans se concerter, faire une analyse semblable .

Cette analyse ne paraît pas extravagante quand on a connaissance, non pas de l'étude de dangers de l'atelier ACD qui, après avoir rappelé les incompatibilités du chlore, omettait de préciser que sur le site de l'usine se trouvaient plusieurs productions azotées fortement incompatibles (nitrates et urée), mais l'état des connaissances à savoir :

 

- 1) des réactions violentes,

- 2) et pour être plus précis la production de trichlorure d'azote, dont tous les chimistes responsables de l'usine connaissaient la qualité d'explosif très instable : la documentation interne de l'usine présentait ce composé comme très instable et explosif (référence ACD/ENV/3/06 - scellé JPB 180).

 

Aussi, peut-on légitimement considérer que les ingénieurs chimistes des sociétés Grande Paroisse et Atofina, propriétaire des ateliers ACD et de sa production, disposaient des éléments leur permettant dès les premiers jours de s'interroger sur une éventuelle interaction de ces deux produits fabriqués sur le site : en effet comme il a été indiqué le danger du croisement de ces deux composés était non seulement parfaitement connu (les travaux de M. Médard, la propre documentation maîtrisée soulignant le danger du croisement des deux produits au sein de l'atelier ACD - référence ACD/ENV/3/04 réf scellé n° JPB 175), mais en outre l'usine avait subi dans l'année plusieurs explosions imputées au trichlorure d'azote (2 explosions de conduites à ACD - scellé JPB 188, outre l'explosion de la pompe de l'atelier nitrate en janvier 2001), la nécessité qui paraissait alors s'imposer d'un confinement pour parvenir à une explosion ne

paraissant pas un handicap dirimant alors que la notion d'auto-confinement par l'effet "de masse" du tas, tel celui qui a explosé étant là aussi une notion connue dans le monde industriel : si cette notion semblait échapper à M. BIECHLIN, ainsi que ses observations faites lors de la confrontation entre M. BARAT, expert judiciaire, et M. HECQUET le laissent penser (cote D 2977), ce dernier, conseil scientifique de la défense et par ailleurs adjoint au directeur des recherches et développement d'ATOFINA, partageait l'avis de l'expert sur l'auto-confinement produit par une masse conséquente de nitrate.

 

Bien évidemment le taux d'humidité dans ce bâtiment dont se désintéressait totalement GP qui n'avait mis en oeuvre aucun système tendant à éviter les désagréments provoqués par l'hygroscopie du nitrate déclassé (ni système de chauffage, ni système de double portes constamment fermées, comme il peut en exister dans des entrepôts), n'était pas mesuré par l'exploitant ; il ne peut être calculé précisément et il ne saurait être fait sérieusement le reproche aux experts de procéder par estimation.

 

Il est curieux de voir le Juge vouloir démolir cette hypothèse, alors que celle-ci n'a jamais été soutenue par la Défense pendant les audiences. Cette hypothèse a été défendue dans mon rapport final du 11 Mai 2006 et dans la Note N° 3 déposée par Mme Baux auprès du Juge et de la Défense et qui n'ont pas été lues par le Juge (on se demande même si elles ont été enregistrées). Le Juge ne discute pas des arguments que j'ai fournis, c'est-à-dire : si le DCCNa et le NA peuvent donner du NCl3, il faut qu'il y ait de l'eau en quantité suffisante, et dans la première hypothèse des experts judiciaires il y avait dépôt de 500 Kg de DCCNa au-dessus d'un tas de 10 T de NA. Lors de la confrontation du 23 Janvier 2003, Mr Van Schendel défend cette hypothèse. Je n'ai aucune difficulté à lui montrer que les 10 T de NA sont arrivées peu de temps avant  l'explosion et qu'au maximum la teneur en eau est de 0.5%. Mr Van Schendel, qui veut à tout prix de cette hypothèse, imagine alors que de l'eau est remontée du sol. L'absurdité d'une telle hypothèse apparait quand je fais remarquer qu'il faut 10 T d'eau en un temps très court. On sait ce qu'il advint de cette hypothèse et des 500 Kg de DCCNa, surtout après le pelletage du DCCNa lors de la reconstitution. Les experts s'orienteront vers une nouvelle hypothèse et Mr Bergues n'aura pas peur d'affirmer que la cause de l'explosion est le résultat d'une interaction entre le DCCNa et des hydrocarbures souillant le sol: d'où alors la volonté frénétique de vouloir montrer que le sol était pollué: malheureusement, ce fût sans succès avec les analyses faites par le Laboratoire Central de la Préfecture de Police de Paris et celles du BRGM me donnèrent raison. Il a fallu plusieurs années, à la lecture des différents rapports et de nos commentaires, pour que les experts comprennent qu'il était impératif d'avoir une grande surface d'interaction et plus de 9% d'eau, d'où l'hypothèse finale ahurissante où l'on voit les différents réactants se disposer par miracle en couches superposées, uniformes, dans le bon ordre et bien sûr sur un sol recouvert de NA à au moins 10% d'eau et tout cela au mépris des essais réalisés sur l'humidification du NA dans les conditions réelles atmosphériques des heures et des jours précédents l'explosion, et au mépris des lois de la mécanique des solides. De plus les analyses faites sur le sol de l'endroit où il est supposé y avoir eu du DCCNa sont négatives. Le doute n'existe pas chez les experts devant de telles lacunes. Devant la faiblesse de leur affirmation sur la teneur en eau, ils iront affirmer que même avec 1% d'eau cela  fonctionne, car la réaction produit plus d'eau qu'elle n'en consomme (50% de plus), et cela en totale contradiction avec toute l'expérimentation passée. Pendant le procès, les experts n'ont jamais commentés les points (et ils sont nombreux) que j'ai soulevés dans mon rapport final. Toute démarche scientifique impose une analyse contradictoire: les experts en ont incapables. Comment pouvait-il en être autrement quand on voit la qualification des experts chimistes: aucun n'a la moindre compétence en chimie organique et surtout en cinétique chimique (étude de la vitesse des  réactions); et c'est la même chose en ce qui concerne le transfert de matière et de chaleur.

 

II-3-3-3-4 : l'initiation de la détonation du nitrate d'ammonium :

 

C'est le mérite remarquable et l'apport incontestable des expérimentations menées par M. BERGUES au centre de Gramat : la simple mise en contact de DCCNA sur une couche de NAI humidifiée et recouverte de NAI va entraîner une réaction chimique, sur laquelle nous allons revenir qui, dès lors que la surface de contact sera suffisamment élevée (de l'ordre de 30 cm sur 30) va permettre une élévation de température suffisante pour emporter la mise en

détonation du milieu réactionnel et ce sans confinement au sens détonique du terme.

 

Mr Bergues a effectivement un mérite: il a su, après plusieurs années, reprendre les informations fournies par la Défense et par SME qui montraient qu'il fallait une surface de contact la plus grande possible (ce qui est une évidence en réactivité chimique) , et de l'eau en quantité suffisante.

Par contre , le fait qu'il  faille expérimenter (pour le schéma en sandwich de Mr Bergues) avec une section minimale de 30X30 cm pour obtenir une élévation de température suffisante pour atteindre les  93°C  (température d'explosion) est une imposture scientifique. En respectant les mêmes hauteurs du sandwich, en utilisant une section de 1X1 cm, on aurait la même élévation de température qu'avec 30X30 cm. Cela est vrai, car nous avons affaire à un système adiabatique (pas de perte de chaleur vers l'extérieur). La loi qui régit l'élévation de température est particulièrement simple:

Q=mCp(Tf-To) , où Q est la chaleur dégagée par la réaction, m la masse de produits (solide, liquide et gaz) qui va emmagasiner cette chaleur (d'où l'élévation de température du milieu), Cp la capacité calorifique des produits,  Tf la température finale en fin de réaction et To la température initiale.

Avec une section de 20X20 cm, la section de contact est 400 cm2: avec une section de 30X30 cm, elle est de 900 cm2, soit 2.25 fois plus. Avec 30X30 cm la chaleur dégagée sera évidemment 2.25 fois plus grande qu'avec 20X20 cm, mais la masse à chauffer sera, bien évidemment, 2.25 fois plus grande: comme le Cp est constant, on voit que l'élévation de température est la même. Cette démonstration est simple et évidente pour n'importe quelle personne ayant quelques notions élémentaires de thermique. Le raisonnement des experts, repris par le Juge, est qu'avec une surface plus grande on dégage plus de chaleur (c'est vrai) et donc on obtient une élévation plus grande de la température (c'est totalement faux, car là on oublie, volontairement ou non, que la masse à chauffer a augmenté dans les mêmes proportions). Bien sûr, s'il y a explosion, celle-ci sera plus intense avec 30X30 cm qu'avec 20X20 cm puisque la quantité de NCl3 sera plus importante: mais comme on vient de le voir la dimension de la section n'a aucune importance pour juger de la possibilité ou non d'une explosion (c'est-à-dire atteindre la température de 93°C).

On peut comprendre l'acharnement des experts à "démolir" l'essai fait au TNO en 20X20 cm, car il détruit beaucoup de leurs affirmations. Par contre, on peut se demander si les arguments développés et qui sont nuls scientifiquement, sont de bonne foi, ce qui conforterait leur incapacité à maitriser des sciences de base.

Autre erreur: la hauteur de NA sec permet un confinement, contrairement à ce qu'écrit le Juge.

 

-II-3-3-4-2 : le tas de nitrate dans le box :

 

Bien évidemment le taux d'humidité dans ce bâtiment dont se désintéressait totalement GP qui n'avait mis en oeuvre aucun système tendant à éviter les désagréments provoqués par l'hygroscopie du nitrate déclassé (ni système de chauffage, ni système de double portes constamment fermées, comme il peut en exister dans des entrepôts), n'était pas mesuré par l'exploitant ; il ne peut être calculé précisément et il ne saurait être fait sérieusement le reproche aux experts de procéder par estimation.

 

Le Juge fait un amalgame entre le bâtiment 221 et le box. Dans ce dernier, on connait exactement la teneur en eau des différents lots de NA qui sont arrivés avant l'explosion. Les conditions de température et d'humidité de l 'atmosphère des heures et jours précédents l'explosion sont parfaitement connues: des essais d'humidification de NA ont été faits et sont très cohérents entre eux. Les experts ont toujours refusé d'en discuter car les valeurs obtenues (1.2% maxi après 36h d'exposition) sont particulièrement éloignées de la valeur utilisée pour le test N°24, soit 10.7% !

Même si l'on ne peut connaître précisément la valeur, on a un ordre de grandeur qui n'a rien à voir avec la valeur retenue par Mr Bergues.

Le Juge parle là d'incertitude: pourquoi n'a-t'il pas pris cela pour étayer son doute comme il l'a fait avec la présence de DCCNa ?

 

 

-- II-5-2-1-1-1 : les éléments acquis :

 

- une couche de nitrate humidifiée sur le sol du box où sera déversée la benne blanche litigieuse,

 

Le terme "humidifiée" est imprécis: c'est, comme on l'a vu, 1.2% maxi: le fait d'utiliser cette notion vague peut laisser penser qu'on entérine les 10.7%.

 

- II-5-2-1-2 : l'état de la connaissance :

 

Ce composé, NCL3, se présente sous forme liquide ou gazeuse. Il s'agit d'un explosif primaire.

 

Liquide, il s'agit d'un explosif très sensible au choc, à tel point que les débats ont permis d'apprendre que cette sensibilité a conduit les pyrotechniciens à envisager de l'utiliser comme détonateur avant d'y renoncer en raison de sa trop forte instabilité qui ne pouvait garantir aux utilisateurs la sécurité d'emploi recherchée.

 

Gazeux, c'est un détonateur thermique : c'est l'un des très rares produits connus pour s'auto-initier en régime explosif (cote D 6721) ; s'il parvient à la température de 93°c, il détonne spontanément sans aucun artifice pyrotechnique.

 

2) le sol du box du 221 présente une couche de NA humide

 

Là encore, le Juge insiste sur le fait que le NA sur le sol du box est humide, sans autre précision.

 

-- II-5-2-1-3-1 : le principe de la reconstitution expérimentale :.

 

- au sujet d'une prétendue reconstitution du tir 24, sur laquelle nous allons revenir, Grande Paroisse ne donne pas suite à la recommandation de TNO de poursuivre l'expérimentation en accroissant la surface réactionnelle (nous sommes là encore dans la notion de volume réactionnel), que GP avait volontairement limité pour ne pas parvenir à une détonation.

 

Le juge revient sur l'essai fait en 20X20 cm fait au TNO et refait la même erreur qu'en diminuant le volume réactionnel on diminuait l'élévation de température. Dans mon rapport final du 11 Mai 2006, page 20, j'avais pourtant indiqué: "le tout est recouvert de 25 cm de nitrate d'ammonium industriel. Le TNO n'a pas pu en mettre plus car sinon la masse limite autorisée était dépassée pour le bunker utilisé lors des essais". Cette raison de limitation de masse de NA est complètement "oubliée" et la seule raison devient que c'était une limitation volontaire pour ne pas parvenir à une détonation: comme nous l'avons vu, le changement de section n'a aucune influence sur l'élévation de température. Pourtant les experts, et le Juge, avaient l'information, car à cette même page de mon rapport final on peut lire: "La surface réactionnelle est une section de 20X20 cm, ce qui permet d'utiliser environ 500 g de DCCNa. Les parois de l'enceinte sont en bois et empêchent toute diffusion latérale. (Un essai avec 3 Kg de DCCNa reviendrait à mettre côte à côte six systèmes identiques: cela ne changerait rien aux températures constatées et aux concentrations locales en NCl3)."

On ne peut être plus clair pour quelconque connaît un peu la thermique et la cinétique. Là encore les experts ont fait fi de cette information pour aller asséner une contre-vérité scientifique.

Manifestement cet essai est gênant. Il est incroyable que la Défense, qui avait l'information, n'ait pas réagi !

 

-- II-5-2-1-3-2 : la démarche expérimentale :

 

En faisant la synthèse des études et expériences des experts judiciaires et des scientifiques missionnés par la SNPE ou la CEI, le collège principal démontre notamment que le NCL3 se forme lors de la mise en contact du DCCNA avec du nitrate d'ammonium présentant une teneur en eau initiale comprise entre 1 et 20% et que la réaction une fois amorcée produit ensuite suffisamment d'eau pour qu'un apport exogène de ce produit ne soit plus nécessaire à l'entretien de la réaction de décomposition du DCCNA.

 

 

Le collège principal considère que le sol du box recouvert par une couche de quelques centimètres de nitrate d'ammonium damé, humidifié par le vent d'autan pouvait présenter ainsi une teneur en eau légèrement supérieure à 10%, alors que la teneur en eau des tas de nitrate d'ammonium industriel et de nitrate d'ammonium agricole entreposés dans le box du bâtiment 221, de même que celle de ces produits auxquels était incorporé du DCCNA, entreposés à l'intérieur de la benne dans le bâtiment 335 était celle de fabrication, donc faible. Le collège fait observer par ailleurs que les produits entreposés dans le bâtiment 221 étaient plus réactifs que d'autres car ils étaient en grande partie constitués de refus de crible provenant du bâtiment 14, lieu de stockage principal du nitrate d'ammonium agricole et qu'ayant été plus ou moins écrasés avant leur transfert, ils étaient donc de faible granulométrie.

 

 

De manière assez étonnante, la défense qui après avoir reproché à la SME, missionné par la SNPE, et à M. BARAT de procéder aux mélanges du NA et du DCCNA pour faciliter l'homogénéisation de la réaction, que l'on pouvait difficilement envisager par le simple pelletage des produits au sol ou secouage des sacs, à moins qu'il ne s'agisse non pas de produits commercialisables comme on a pu le penser dans un premier temps au vu du sac de DCCNA découvert dans le 335, mais depuis l'audience de poussières de DCCNA mêlées d'acide cyanurique..., et alors qu'elle privilégiait elle même l'étude par couches, allait faire le reproche à M. BERGUES de poursuivre sa réflexion et de mettre en oeuvre des tirs avec la superposition de trois couches : une couche de nitrate humide, censée représenter l'état du sol, une couche de DCCNA puis un recouvrement de NAI.

 

Contrairement à ce que les plus éminents experts avaient pu considérer aux prémices de ce qui n'était alors qu'une piste de travail, l'incompatibilité connue des deux composés peut dans une configuration que le tribunal qualifie de NON EXTRAORDINAIRE et parfaitement envisageable, à savoir :

 

- sur un sol couvert d'une fine couche de nitrate d'ammonium, comprenant indistinctement NAA et NAI écrasés par les roulements des engins et camion accédant au box, humidifié par l'atmosphère régnant depuis deux jours sur le site et la capacité remarquable de ce produit à capter l'humidité, les manoeuvres des engins à l'intérieur de ce box et le raclage opéré par le chouleur ne pouvant en aucun cas supprimer mais qu'uniformiser cette humidification, l'humidité de la couche de nitrate au sol ne pouvant en aucun cas être asséchée, comme l'a prétendu M.BIECHLIN, par les 10 tonnes de NAA déversées un peu plus tôt par M.PAILLAS, l'amonitrate étant recouvert d'un enrobé hydrophobe,

 

1- Déversement de la benne dans le sas.

 

Par le basculement de la benne, son contenu est déversé sur le nitrate d'ammonium très humide revêtant le sol en béton, sur les deux tas de nitrate d'ammonium industriel et le tas d'ammonitrate. Cette opération aboutit à la création d' un " sandwich " constitué de bas en haut par du nitrate d'ammonium très humide, du DCCNA et du nitrate d'ammonium industriel globalement sec.

 

3- Détonation spontanée du NCL3 lors du dépassement local de sa température critique de décomposition, soit 93°C.

 

4- Propagation de la détonation du NCL3 dans le box ;

Les experts relèvent également sur ce point que les dimensions du tas excédent le diamètre critique de détonation, voisine de un mètre pour le produit explosif réputé difficilement détonable qu'est l'ammonitrate.

 

Le Juge reprend les arguments selon lesquels que, même avec 1% d'eau, cela fonctionne car la réaction produit plus d'eau qu'elle n'en consomme (50% de plus). Et pourquoi 1% et pas 0.5% et même 0.1% ?

Avec un tel raisonnement, qui est une nouvelle imposture scientifique , il n'y a aucune raison de se limiter à 1%. Les experts, et le Juge, oublient que , en dessous de 9%, il est impossible d'obtenir expérimentalement une explosion: même Mr Barat l'a prouvé (c'est dans son premier rapport) en réalisant des mélanges intimes; son affirmation n'a jamais été remise en cause: elle a même été confortée. La réaction se faisant à l'interface (points de contact) entre deux solides, la réaction s'arrête quand les réactants sont épuisés à l'interface: l'augmentation locale (aux points de contact) de la quantité d'eau ne permet pas d'aller solubiliser des réactants à l'intérieur des solides et de les "ramener" à l'interface pour que la réaction se poursuive. SME a très bien montré cela par une expérimentation rigoureuse: on voit très bien le rendement de réaction qui va vers une asymptote, montrant l'épuisement des réactants aux points de contact: pour relancer la réaction SME remue l'enceinte pour renouveler le points de contact. L'affirmation des experts, reprise par le Juge, nie toute l'expérimentation existante. Il ne faut pas oublier que Mr Bergues a choisi 10.7% après des essais en DSC (mesure de la chaleur dégagée par la réaction), expliquant que c'est avec 10.7% qu'il avait un optimum. Il a donc choisi cette valeur pour son tir N°24 et par la suite on décrètera que le NA du sol du box avait cette valeur. Pourquoi Mr Bergues n'a t'il pas fait d'essai avec 1 ou 2% d'eau, même simplement avec 9%: le TNO l'a fait: évidemment on n'arrive pas à l'explosion, on en est même loin.

 

On appréciera le terme "pouvait" pour parler de la teneur en eau du NA sur le sol du box et en affirmant que le vent d'Autan en était la cause: faut-il encore rappeler que des essais ont été réalisés avec les conditions connues: le jour de la reconstitution, l'air était saturé  en eau (il pleuvait) : on n'a jamais dépassé 1.2%! Comment peut-on affirmer de telles valeurs (10.7%) en contradiction avec toutes les expérimentations ?

 

Si du NA a une humidité élevée et qu'on l'écrase, il va constituer un bloc et non des "fines"(pour fabriquer des morceaux de sucre, on humidifie des cristaux et l'on compacte).

 

Le Juge défend la réflexion de Mr Bergues de mettre en oeuvre trois couches superposées , et il admet que cette configuration n'est pas extraordinaire. Mais alors, que l'on nous montre un seul essai de déversement qui va dans le sens de cette configuration. Par quel miracle le DCCNa (composé de surfaces planes, angulaires, génératrices de forces de frottement, donc ne favorisant pas le glissement sur une surface) va-t-il descendre plus vite que le NA (qui est sous forme de billes qui roulent bien), s'étaler de façon uniforme sur le sol, être recouvert de NA sans perturbation (l'ensemble tombe de beaucoup plus haut que dans le Tir N°24) de la couche de DCCNa ? Comment peut-on accorder la moindre crédibilité à une hypothèse de configuration qui va à l'encontre de la Mécanique des Solides et sans la moindre expérimentation, d’ailleurs très facile à réaliser ? Là encore, le Juge acquiesce à cette nouvelle imposture scientifique.

 

Selon le Juge le NA est recouvert d'un agent hydrophobe qui empêcherait de "pomper" l'eau du sol. Mais alors pourquoi est-il capable de "pomper" l'eau d'un air humide. En fait, le NA est enrobé d'un anti-mottant qui freine l'agglomération des grains entre-eux.

             

 

- II-5-2-1-4 : les objections scientifiques de la défense :

 

- La durée d'attente entre le versement du DCCNA et le NAI:

 

Ce délai, d'une dizaine de secondes, est dû, selon l'expert, à la nécessité pour l'opérateur de pouvoir mettre en contact les produits en sécurité : contrairement à toutes les autres expériences menées jusqu'alors par l'ensemble des instituts, ce tir se réalise en plein air et implique une quantité de matière explosive conséquente d'une centaine de kilos qui de fait a engendré une explosion considérable. Incontestablement, le bon sens commande de considérer que ce délai est peu conforme à l'idée raisonnable que l'on se fait du déversement d'une benne.

 

La défense et Mme MAUZAC y voient là une manipulation des experts judiciaires tendant à favoriser la réaction, sans pour autant expliciter en quoi, sur le plan scientifique, ce délai pouvait avoir une influence concrète sur la détonation finale.

 

Au cours de l'audience, et de manière assez théâtrale, la défense a cru utile de soutenir qu'elle avait, par une reconstitution du tir 24, démontré le caractère très influant de ce délai dans l'évolution de la réaction, puisque lors de cette expérimentation TNO n'était pas parvenu à une explosion.

 

L'analyse de la pseudo reconstitution (cote D 7039) tourne à la déconfiture de la défense: il résulte très clairement de ce document que la défense a commandé des travaux dont elle savait pertinemment par les consignes d' exécution qu' elle imposait que la réaction ne pouvait parvenir à la détonation.

 

En effet, la société Grande Paroisse commande, après le dépôt du rapport de M. BERGUES, une série de quatre tirs à la société TNO. Il résulte clairement de la présentation par le laboratoire des tests que l'exploitant a imposé au laboratoire les modalités précises de configuration des tirs : de manière tout à fait singulière GP imposait pour cette "reconstitution" (et non pour les trois autres tirs de la série) la réduction de la surface réactionnelle et l'utilisation

d'une caisse aux dimensions de 20 x 20 cm, alors qu'elle ne pouvait ignorer, à la présentation détaillée que faisait l'expert dans son rapport, de sa réflexion l'ayant conduit à augmenter la surface du milieu réactionnel, qu'une telle dimension de l'édifice ne permettrait pas une élévation suffisante de la température du milieu réactionnel et donc l'obtention de la détonation

 

 

- La scarification du sol :

 

L'opérateur a effectivement légèrement scarifié le sol, ce qui par l'augmentation de la surface de contact est susceptible de faciliter la réaction ; pour autant, cette scarification légère ne constitue pas pour le tribunal un élément majeur ; en effet, il convient de relever que les passages de multiples engins dans ce box pouvaient parfaitement et de manière involontaire marquer la couche de nitrates et favoriser ainsi la réaction chimique.

 

 

 

S'agissant du sol, l'expert considère que sa composition est indifférente ; à l'évidence le sol du box est constitué d'une couche hétérogène mêlant NAA et NAI tassé broyé, pour lesquels l'enrobant ne joue plus aucun rôle, en sorte que la capacité d'absorption de l'humidité ne le transforme pas en une soupe comme M. HECQUET l'a prétendu mais en une "solution solide" selon l'expression de M. Biechlin ou solution saturée selon l'étude de dangers de I4.

 

 

La couche uniforme du DCCNA n'appelle aucun commentaire, le tribunal soulignant le caractère limité mais indispensable à la détonation de la surface réactionnelle : 30 centimètres sur 30 centimètres.

 

 

Mieux, elle ne donnait manifestement pas suite aux suggestions de l'opérateur qui soulignait l'opportunité de ne pas en rester là et proposait d'envisager l'élargissement de la surface.

 

En d'autres termes, l'expert judiciaire ayant souligné dans son rapport le facteur déterminant de la surface réactionnelle, GP, en fixant un cahier des charges plus stricts que les autres tirs au niveau de la surface, connaissait par avance le résultat qui ne pouvait être que négatif (lors de cette expérience, et comme pour les derniers tirs de M. BERGUES, TNO enregistrait une très forte élévation de la température laquelle stagnait à un peu moins de 60° : le déversement simultané des deux produits n'avait donc manifestement nullement altéré le caractère fortement exothermique de la réaction).

 

De manière étonnante, M. HECQUET, conseiller scientifique de la défense, qui, tout au long de l'information donnera des leçons de méthodologie aux experts judiciaires s'abstiendra dans son commentaire (cote D 7039) de la moindre observation sur la réduction opportune de la surface de contact des deux produits.

 

Non seulement pas cette manoeuvre grossière les chimistes de la société Grande Paroisse ou de la CEI ont cherché à tromper la religion du tribunal, démontrant, là encore un parti pris fort éloigné de la recherche de la vérité, mais en outre signe, s'il en était besoin, a contrario, la conviction de ces scientifiques que M. BERGUES, à Gramat, était parvenu à démontrer la faisabilité de l'accident chimique : grâce aux travaux de l'expert judiciaire, nous passions d'une piste purement théorique à une réalité concrète.

 

Ce tir, dit de "reconstitution" selon les conseils de la défense, relève purement et simplement de la tromperie.

 

Pour le tir N°24, il était facile pour Mr Bergues de mettre en place un dispositif permettant le dépôt simultané du DCCNa et du NA : le TNO l'a fait sans aucun problème. Les 14 sec de dépôt du DCCNa sur un NA à 10.7% d'eau ne sont pas anodines. Le DCCNa a le temps de se mettre en solution dans la partie liquide, sans être perturbé par l'arrivée de NA sec. Il est bien sûr difficile de quantifier cette phase en l'absence d'un essai adéquat, mais balayer ce problème relève une nouvelle fois d'un manque d'analyse scientifique.

 

Le Juge revient pour la troisième fois sur le fait qu'au TNO on a utilisé une section de 20X20 cm à la place de 30X30 cm: il continue à dire que l'augmentation de surface se traduit par une augmentation de l'élévation de température: faut-il que cet essai soit gênant pour avancer un argument qui est une absurdité au niveau scientifique: les experts ne pouvaient pas montrer mieux leur mauvaise foi ou leur inculture scientifique.

 

Mr Bergues a scarifié l'ensemble de la surface du NA à 10.7% d'eau: là encore il a augmenté vraisemblablement d'un facteur 2 l'interface de contact entre le NA humidifié et le DCCNa, augmentant par là-même la production de NCl3 de ce même facteur. Or quand des engins roulent sur un tel sol, ils compactent le sol, et donc réduisent fortement la surface de contact: la surface laissée par les stries est faible par rapport à la surface plane compactée: Mr Bergues a là encore utilisé un artifice pour améliorer la production de NCl3.

 

Manifestement, le Juge ne sait pas ce qu'est une solution saturée ou une solution solide:

 

-Une solution saturée est une solution sans particule solide: tout est solubilisé, mais on est au maximum de ce que peut solubiliser le liquide: au-delà il y aurait mélange de solution saturée et de solide.

 

-Une solution solide est un composé entièrement solide: il n'y a rien de liquide. C'est un solide cristallin dans lequel on peut substituer un atome par un autre et cela de façon aléatoire (comme dans un liquide, d'où le terme utilisé) , tout en restant solide. Ce terme était utilisé, à tord d'un point de vue scientifique, chez GP, car les personnes y devinaient une représentation physique.

Le terme "soupe" utilisé est bien sûr trivial, mais il donne une bonne représentation d'un NA à plus de 10% d'eau: c'est le même terme que l'on utilise pour de la neige fondante, quand on a un mélange de solide et de liquide: c'est quand même plus imagé que le terme scientifique: système biphasique solide-liquide.

 

On ne peut qu'être surpris de ce genre de critique de la part du Juge, alors qu'il passe sous silence l'invraisemblable multitude d'énormités scientifiques des experts judiciaires en chimie. on ne peut ressentir là qu'une volonté de décrédibiliser ceux qui ne partagent pas le point de vue des experts judiciaires qui, eux, ont montré tout au long de l'instruction et du procès leur incompétence en chimie: c'est le point de vue de tout chimiste ayant lu leurs travaux.

 

Une quatrième fois, le Juge revient sur l'essai fait en 20X20 cm au TNO. Bien sûr cet essai allait montrer de façon indubitable qu'il ne pouvait y avoir d'explosion, non pas parce-que l'on a diminué la section (on a vu que cela ne change en rien la valeur de l'élévation de température), mais parce-que surtout on utilise un NA à 9% d'eau (donc encore un solide) plutôt que 10.7% (un mélange de solide et de liquide: une "soupe" épaisse) et que la surface est plus conforme à celle où des engins ont roulé et où un racleur est passé avant l'explosion(analogie au chasse-neige qui laisse une petite couche compacte: cet élément a été totalement passé sous silence). Le résultat est particulièrement probant. Le Juge écrit que l'on atteint une température un peu inférieure à 60°C: non, on est plus près de 50°C que de 60°C: on atteint au maximum 53°C ! La température initiale étant de 19°C, l'élévation de température a été de 34°C, alors qu'il aurait fallu que cette élévation soit de 74°C pour avoir une explosion: comme l'élévation de température est directement proportionnelle à la production de NCl3, il apparait clairement que l'on n'a même pas fait la moitié du chemin: voilà pourquoi cet essai gêne tant ! Mr Bergues s'est mis pour le Tir N°24 dans des conditions extrêmes qui n'ont aucune chance d'avoir existé.

 

Le Juge parle de leçon de méthodologie: les experts en chimie ont fait toujours preuve d'une incapacité à conduire une étude de cinétique .Quant à l'essai en 20X20 cm au TNO, on trouve à la page 20 du rapport final de G.Hecquet les raisons et justifications: fallait-il encore les comprendre ou vouloir les comprendre !

 

Le Juge parle de manoeuvre grossière et de tromperie, bien sûr en s'appuyant sur l'essai fait en 20X20 cm: quand on voit que l'argumentation basée sur le fait que la diminution de section amène une diminution de l'élévation de température, et que c'est une imposture scientifique que tout chimiste connaissant un peu de thermique (niveau Bac ou 1ère année de License) confirmera, on reste pantois. Que dire alors des différents artifices utilisés dans le Tir N°24 , de toutes les erreurs basiques de chimie et du mensonge sous serment de Mr Van Schendel (Note N°1 donnée au Juge et à la Défense par Mme Baux et passée sous silence).

 

 

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